
Serpents - La Danse des Origines
La danse des origines Dans cette œuvre en marqueterie de verre, les fragments s’enroulent et se superposent comme des corps vivants. Ce qui semblait être une spirale fossile se révèle être un enchevêtrement de serpents étroitement liés, glissant les uns contre les autres dans une chorégraphie ancestrale. Le verre sculpté évoque l’écaille, la tension musculaire, le mouvement silencieux d’êtres qui ne laissent de traces que dans l’imaginaire.
Le serpent est l’un des symboles les plus anciens de l’humanité. On le retrouve gravé sur les parois néolithiques, dressé dans les mythes sumériens, enlacé autour du caducée grec, vénéré comme protecteur des foyers romains ou célébré dans l’Ouroboros, figure éternelle se mordant la queue. Dans de nombreuses traditions, il incarne le passage, la transformation, la mort et la renaissance — une énergie cyclique, fluide et insaisissable.
Ici, cette symbolique se matérialise dans un vortex de couleurs minérales : bruns brûlés, noirs profonds, ocres chauds et gris métalliques. Chaque fragment de verre devient une écaille, découpée avec précision pour suivre la torsion du corps. Certaines zones semblent vibrer, comme si les serpents étaient en mouvement, glissant vers un centre caché ou en jaillissant. Leur entrelacement forme un nœud vivant, à la fois harmonieux et inquiétant.
Le regard suit les courbes et s’y perd. Ni commencement ni fin ne se distinguent : les serpents se mêlent comme des forces archaïques, semblables aux racines d’un mythe commun à l’humanité. Évoquant les nāga de l’Inde, les serpents arc-en-ciel d’Australie, le Quetzalcóatl du Mexique ou les dragons orientaux issus de la même matrice symbolique, ils semblent réunis ici dans un unique geste spiralé, mémoire antérieure aux civilisations.
La technique de l’intarsia renforce cette impression de vie contenue : les éclats de verre captent la lumière et la diffusent en reflets reptiliens. L’œuvre oscille entre minéral et animal, entre immobilité et mouvement, comme suspendue dans un souffle.
Dans ces serpents enlacés, l’artiste propose une vision du monde où les forces contraires s’unissent : la terre et le feu, la peur et la sagesse, le chaos et l’ordre. Une spirale non plus fossile, mais vibrante, qui raconte quelque chose de plus ancien que le temps — une histoire de transformation perpétuelle.
- Caractéristiques
Épaisseur du verre : 3 mm
Support : bois
Vernis : vernis incolore et peinture acrylique Lefranc Bourgeois
Colle : colle à bois
- Dimensions
- L 0,30 m × H 0,45 m
- Année
- 2026