Samuraï — Marqueterie de verre Norbert Alali Artiste

Japon

Samuraï

Cette œuvre en marqueterie de verre réinterprète l’armure d’un samouraï du XVIIIᵉ siècle, telle qu’on peut l’admirer dans les collections d’art asiatique du Château de Fontainebleau. Dressée dans une verticalité solennelle, à la fois guerrière et emblématique, la composition associe la rigueur des formes traditionnelles de l’armure japonaise à la poésie lumineuse du verre travaillé.

Sur un fond noir d’une profondeur presque théâtrale, la silhouette se détache avec une netteté sculpturale. Le kabuto, casque aux cornes élégantes, capte immédiatement le regard : ses lames d’or intense, surmontées d’un large disque solaire cerclé d’un motif rouge rayonnant, évoquent la puissance symbolique du samouraï et son lien avec l’esthétique du Japon féodal. Le verre jaune, texturé et parcouru de nervures, suggère à la fois la dureté du métal et la patine délicate des objets anciens.

Le mempō, masque facial, est rendu dans un verre noir brillant qui accroche la lumière comme une laque ancienne. Il confère à la figure une présence silencieuse, presque spectrale, tout en soulignant la dignité intimidante du guerrier. Les bordures rouges encadrant le visage rappellent les lacets de soie colorée qui composent les véritables armures.

Le dō, cuirasse lamellaire, est constitué de fines bandes de verre vert olive disposées en strates horizontales. Chacune est soulignée d’un filet sombre évoquant l’assemblage minutieux des plaques métalliques et des cordons tressés. Ce travail complexe de découpe restitue la souplesse paradoxale de l’armure d’apparat : rigide par sa matière, mais fluide dans sa construction. Des touches d’orange vif, de bleu royal et d’or patiné rythment la surface, rappelant la richesse chromatique des armures cérémonielles japonaises.

Les manches, réalisées en verre sombre et texturé, suggèrent l’épaisseur du tissu protecteur, tandis que les éléments dorés des protections latérales captent la lumière comme des éclats solaires. La partie inférieure, avec ses lamelles vertes bordées de rouge, renforce la stabilité de la figure et lui confère une présence presque architecturale.

L’armure s’inspire des modèles de la période Edo (1603–1868), époque de relative paix sous le shogunat Tokugawa. Privés des combats mais investis de fonctions administratives, les samouraïs devinrent des figures d’apparat, et leurs armures — davantage symboliques que militaires — s’ornèrent de couleurs vibrantes et d’emblèmes raffinés. Le kabuto, souvent décoré d’un croissant lunaire, de cornes ou d’un disque solaire, était conçu autant pour impressionner que pour protéger.

Les armures conservées en Europe, notamment à Fontainebleau, témoignent des premiers échanges diplomatiques entre le Japon et l’Occident aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles. Offertes comme présents précieux aux souverains français, ces pièces fascinent par la précision de leur réalisation et par l’alliance unique de matériaux — métal laqué, cuir, soie et laque.

C’est dans cette tradition riche d’histoire et de symboles que s’inscrit cet intarsio de verre. L’artiste ne se contente pas de reproduire une armure : il en réinvente la présence, traduit ses textures et ses éclats dans une matière contemporaine, ravivant ainsi l’aura d’un Japon ancien où se mêlaient discipline intérieure, spiritualité et magnificence esthétique.

Caractéristiques

Épaisseur du verre : 3 mm

Support : bois

Vernis : vernis incolore et peinture acrylique Lefranc Bourgeois

Colle : colle à bois

Dimensions
L 0,78 m × H 1,35 m
Année
2026
Demander un devis