
Loriot
Dans cette marqueterie de verre, l’oiseau se pose au cœur d’un monde vibrant de lumière. Il est à la fois minuscule et souverain, suspendu dans un instant où le battement de ses ailes semble s’être interrompu pour laisser place à une contemplation silencieuse. Le disque solaire, d’un jaune intense, n’est plus un simple arrière-plan : il devient une aura, une scène primordiale où la nature irradie sa force.
Les grandes formes ovoïdes qui entourent l’oiseau — fruits, graines ou capsules végétales — sont rendues avec une précision presque tactile. Le verre y est traversé de nervures verticales, comme sculpté par le vent et le temps, offrant jeux d’ombres et reflets qui évoquent la peau des végétaux exotiques. Leur teinte, oscillant entre l’or ancien et le vert profond, contraste avec le plumage d’encre de l’oiseau, discrètement illuminé d’une touche orange éclatante.
Les feuilles, longues, souples et striées, traversent la scène telles des rubans de verre vibrant. Leur mouvement semble guidé par un souffle invisible, donnant à l’ensemble une dynamique fluide, presque musicale. Certaines s’assombrissent jusqu’au vert nocturne, d’autres s’éclaircissent au contact de la lumière solaire, évoquant le dialogue perpétuel entre ombre et clarté qui façonne le monde végétal.
L’oiseau, quant à lui, demeure un point d’ancrage, un témoin immobile au cœur de cette agitation lumineuse. Sa silhouette fine, ciselée dans un verre noir profond réchauffé d’un éclat doré, paraît attentive, presque méditative. Il observe, écoute, existe — comme si toute la scène se révélait à travers lui. L’artiste saisit cette relation fragile entre l’être et son environnement, où chaque vibration lumineuse raconte un cycle, une pulsation du vivant.
La marqueterie de verre déploie ici toute sa puissance expressive : chaque fragment taillé, chaque jointure, chaque fracture compose un paysage sensoriel où la lumière s’infiltre, se reflète et se diffuse. Les transparences délicates et les opacités mesurées créent l’illusion d’un espace en mouvement, d’un souffle, d’un temps suspendu.
Le Loriot célèbre la nature dans sa forme la plus pure et instinctive. Une scène intime, presque secrète, où l’oiseau — messager de l’aube et du renouveau — devient le lien entre la terre et le ciel. À travers cette œuvre, Norbert Alali rend hommage à la simplicité bouleversante des instants fugitifs et à la poésie contenue dans chaque vibration de lumière et de vie.
- Caractéristiques
Épaisseur du verre : 3 mm
Support : bois
Vernis : vernis incolore et peinture acrylique Lefranc Bourgeois
Colle : colle à bois
- Dimensions
- L 0,25 m × H 0,35 m
- Année
- 2026